DRONE-Worlds

Drone Worlds 2016 : la déception

Des pilotes venus de 37 pays s’étaient donnés rendez-vous du 20 au 22 Octobre dernier pour se disputer la place de champion du monde lors des phases finales de Drone Worlds.

Annoncé comme l’évènement de l’année par la Drone Sport Association (DSA), Drone Worlds faisait suite à une longue phase de qualification qui avait eu lieu tout au long de l’année à travers le monde dont l’US Drone National qui s’était tenu en grande pompe sur Gouvernor Island à New York en Août dernier.

Il faut dire que la DSA et son président, Scot Refland avait vu les choses en grand en choisissant Kualoa Ranch à Hawaï comme terrain de jeu, lieu pittoresque sur lequel ont eu lieu les tournages de Jurassic Park et Godzilla. De gros sponsor tel que GoPro s’était associé à l’événement, une retransmission était prévue sur la plus grande chaîne de sport américaine ESPN et un money Prize de 100 000$ promis aux gagnants de ce “championnat du monde”.

Après une première déception pour les pilotes américains lors de l’US Drone National ou un manque flagrant d’organisation n’avait pas permis à tous de voler dans les meilleurs conditions (tour de reconnaissance quasi impossible, phase de qualification réduite au minimum…) ce fût de nouveau le cas lors de Drone Worlds, qui, pour de nombreux pilotes laisse un goût d’amertume sur ce qui devait être l’évènement de FPV Racing de l’année.

A croire que certains pilotes ont eu le nez fin, car nombreuses étaient les têtes d’affiches absentes de cette manifestation. Chad Nowak avait dès septembre annoncé qu’il ne participerait pas à la compétition tout comme les deux favoris Anglais, Gary Kent (Justice FPV) et Luke Bannister (BanniUk) qui avait pourtant répondu présents à tous les autres événements majeurs de cette année.

Au delà des problèmes inhérents à la présence d’un grand nombre de pilotes sur un même lieu, les organisateurs qui avaient pris l’initiative de mettre en place 2 circuits (un rapide, un autre un peu plus lent) ce sont fait dépasser par leurs ambitions générant le plus grand mécontentement chez les pilotes. Le second circuit (le plus “lent”) n’a finalement pas vraiment été exploité car les temps n’ont jamais pu y être enregistré. En plus de cela il présentait de grands manquements au niveau de la sécurité avec des passages à proximité du public et très près des pilotes. De ce fait, les 130 pilotes se sont retrouvés à devoir passer leurs qualifications au même moment et avec beaucoup moins de temps que prévu. Tout cela sur un circuit finalement très pauvre et surnommé par certains comme “tueur de lipos” ou le full throttle était roi.

Drone Worlds n’étant pas une compétition officielle FAI, le règlement en vigueur lors de cet évènement était celui mis en place par la DSA. Le problème quand on est juge et partie c’est qu’on n’est pas toujours impartial. Ainsi de nombreux pilotes ont faits les frais d’un jugement approximatif voir même dans certains cas arrangé sans même qu’il y ai consultations des retours vidéos. Dans d’autres cas, le faible nombre de juges présents lors de l’événement à même conduit les pilotes à juger leurs concurrents. Bapu, le célèbre pilote de la Drone Racing league a lui aussi fait les frais de ce règlement aléatoire puisqu’il s’était qualifié à Drone Worlds grâce à l’Aloha Cup pendant laquelle il avait utilisé système FPV numérique HD Connex Prosight mais s’est vu refusé son utilisation pour sa participation aux phases finales de Drone Worlds sous prétexte que seul l’analogique y était autorisé, un bel hymne à l’absurdité.

Pour ceux qui avaient envie de vivre la compétition dans les meilleurs conditions qui soient, il était possible de souscrire à un pass VIP pour la modique somme de 599$. Pour ce tarif on peut s’attendre à des salons privés et du champagne mais à Hawaï ca ressemblait plus à un accès (non contrôlé) à deux tentes dans un champs qui n’offrait aucun service digne de ce nom. Peut-être avaient-ils un accès prioritaire aux seuls 3 toilettes disponibles sur le site pour les 250 personnes présentes… Un attrape nigaud mis en place pour faire de l’argent qui reste au travers de la gorge de ceux qui on voulu se faire plaisir en s’offrant cet accès.

Trophée du vainqueur de Drone Worlds
Crédits : Sergio Marachilian

On pouvait s’attendre à ce que les coupes remises aux premiers pilotes de cette compétition soient à la hauteur d’un championnat du monde mais là encore c’est assez risible. En guise de trophée, les vainqueurs ce sont vu remettre un tiki, masque typique d’Hawaï avec au dos, un joli autocollant Drone Worlds et leur position au classement écrit au stylo… Un vrai trophée en bois !

Alors qu’on nous annonçait une diffusion sur ESPN il n’y avait aucun moyen mis en place permettant de suivre l’événement en direct. Il fallait donc se raccrocher aux quelques lives sur Facebook de pilotes désireux de faire partager ce moment avec leurs amis. Très étrange également qu’à deux semaines après l’évènement il soit pratiquement impossible de trouver des articles relatant cet évènement et que les résultats sur le site de Drones Worlds soient limités aux 3 premiers de chaque catégorie.

Preuve en ai qu’il ne suffit pas d’avoir de gros moyens en communication et de rassembler de grands sponsors pour faire la meilleure compétition de FPV Racing de l’année. C’est aussi et surtout une question d’organisation ce qui semble avoir été oublié par la DSA. Nous n’avons donc vraiment pas à rougir des compétitions organisées un peu partout en Europe, qui, souvent, avec beaucoup moins de moyens permettent aux pilotes de concourir dans de très bonnes conditions.

Les promesses étaient grandes, les attentes aussi ce qui n’a fait qu’accentuer la déception d’un grands nombres de pilotes ayant participé à cette compétition et pour qui ce déplacement était synonyme de nombreux sacrifices sur le plan financier. Drone Worlds et la DSA n’ont pas été à la hauteur de leurs ambitions et de leurs promesses. Alors que des grands noms ont déjà boudé cette édition, il semblerait que l’année prochaine soit très difficile pour la Drone Sport Association si tenté que les déboires de Drone Worlds n’ai pas déjà signé son arrêt de mort.

On terminera par le classement de nos frenchies qui malgré des conditions désastreuses ont su garder la tête haute et obtenir des places très honorables. Benoït Couturier alias Sartorius FPV termine ainsi à la 4eme place du classement général en individuel, suivi par Dunkan Bossion en 9e place, Thomas Panaiva alias Tomz termine quand à lui à la 50ème place sur 130 après une succession de problème matériel. Pour les résultats détaillés par compétition, rendez-vous sur le site de l’événement.

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