Course-de-drone-Dubai-World-Drone-Prix

Courses de drone : Tout savoir sur le FPV racing

La pratique de la course de drone est aussi appelée FPV racing. Derrière cette expression anglaise se cachent deux termes distincts : la course (race en anglais) réalisée en vue à la première personne (FPV pour First Person View en anglais).

BanniUK-flip
Une caméra embarquée au World Drone Prix

En d’autres termes, il s’agit, pour le pilote, lors d’une course, de gérer son drone non pas en vue directe, mais par l’intermédiaire d’une paire de lunettes spéciale qui retransmet en temps réel ce que voit le drone, comme nous l’avions abordé dans un précédent article. C’est pour cette raison qu’on parle d’un vol en immersion : le pilote devient le drone et ne voit plus qu’à travers ce dernier.

Que voit un pilote de drone dans ses lunettes de FPV ?

La caméra embarquée

Dans la pratique classique de l’aéromodélisme et notamment du multirotor (un synonyme des drones), les pilotes disposent d’une radiocommande et pilotent leur appareil à vue, c’est-à-dire en gardant un oeil sur le drone. Ils disposent parfois d’une retransmission vidéo sur un écran, grâce à la caméra embarquée.

écran-FPV-course-de-drone
Un écran retransmettant l’image d’une caméra embarquée

En FPV (ou en immersion pour les plus francophones), la caméra embarquée, présente à l’avant du drone, retransmet un flux vidéo au pilote (similaire à celui ci-dessous), qui porte une paire de lunettes dotée de deux écrans, un par oeil. Si vous avez déjà enfilé un casque de réalité virtuelle style Oculus Rift ou HTC Vive, c’est à peu de chose près similaire, à quelques détails près.

Un flux vidéo analogique

Tout d’abord, la liaison entre le drone et la paire de lunettes se fait sans fil, par des ondes radio la plupart du temps dans la bande 5,8 GHz. Il faut savoir que le flux est de type analogique (même si quelques solutions numériques commencent à se montrer), comme la télévision hertzienne en France il y a quelques années avant l’arrivée de la TNT. L’avantage : une latence très faible, c’est-à-dire un délai imperceptible entre la captation de l’image par la caméra et sa retransmission dans les lunettes.

L’autre avantage de l’analogique, c’est qu’en cas de mauvaise réception à cause d’un obstacle ou d’une distance trop éloignée entre les lunettes et le drone, le signal reste exploitable. Dans le pire des cas, le pilote subit de “la neige” avant une coupure totale comme l’avait vécu Luke Bannister au World Drone Prix de Dubaï à cause d’un drone qui s’était écrasé à côté de lui. En numérique, si la bande passante devient insuffisante pour les mêmes raisons, l’image se figera sans vraiment crier gare, et le pilote perdra donc sa vision.

Certains pilotes et entreprises misent toutefois sur un flux FPV numérique comme on peut le voir ci-dessus. C’est le cas de Parrot avec ses Bebop et Bebop 2 qui utilisent un signal Wi-Fi sur la bande 2,4 ou 5 GHz pour la retransmission du signal vidéo numérique. Si le Bebop Drone avait une latence gênante, le Bebop 2 s’est grandement amélioré sur le sujet, mais tout en restant derrière une solution de type analogique. On peut également citer le système Lightbridge de DJI qui opère sur la bande 2,4 GHz. Les systèmes numériques ont l’avantage d’envoyer une qualité d’image supérieure au pilote.

Des informations primordiales

Dans ses lunettes d’immersion, le pilote ne voit pas uniquement la piste de drone. Il voit également des informations vitales sur son multirotor, grâce à ce que l’on appelle l’OSD pour On Screen Display. L’OSD permet d’afficher, en surimpression, des informations comme la batterie restante dans le drone, le temps de vol ou encore la télémétrie. Pratique pour savoir quand il faudra s’arrêter aux stands.

fy-osd_4-800x600

Deux caméras pour deux usages

Précisons que la plupart du temps, les vidéos mises en ligne sur Internet ne proviennent pas des caméras de FPV. Bien souvent, les pilotes intègrent deux caméras sur leur drone : une première destinée au flux FPV et une autre (de type GoPro par exemple) qui est utilisée pour partager des vidéos de meilleure qualité, a posteriori. Sur les drones dotés d’un système d’immersion numérique et non analogique (comme les Parrot), il y a une seule caméra, utilisée pour le FPV et pour l’enregistrement des images.

drone-GoPro-FPV
Un drone surmonté d’une GoPro et d’une caméra FPV (entourée de bleu)

Le FPV pour la SNCF

Enfin, les pilotes des courses de drone ne sont pas les seuls à avoir recours aux lunettes d’immersion en FPV. De nombreux professionnels utilisant des multirotors s’équipent de lunettes FPV, à l’image des vidéastes ou encore des experts ferroviaires de la SNCF comme on a pu le voir sur Twitter. Le but est d’avoir une meilleure sensation d’immersion pour un pilotage plus précis et une vision plus détaillée des objets à identifier. Sans les lunettes, les pilotes ont aussi la possibilité d’afficher le flux vidéo sur un écran, à l’image d’une tablette. Pratique pour garder un oeil sur son drone tout en ayant la possibilité de voir ce que voit le drone.

radiocommande

La plupart du temps, lors d’un vol en immersion, on trouve une deuxième personne, le spotter, qui surveille le drone en vue directe, pour alerter le pilote d’un éventuel danger qu’il n’aurait pas détecté dans ses lunettes d’immersion. Le spotter peut parfois aussi recevoir le flux vidéo du drone par l’intermédiaire d’un écran. Dans le domaine de la vidéo, il n’est pas rare de trouver le pilote assisté par le cadreur. Les deux ont chacun une radiocommande en main, l’un pour diriger le drone, l’autre pour diriger la nacelle de la caméra.

Le circuit de drone

Dans le terme FPV racing, il y a aussi le fait de faire la course. Les pilotes ne font en effet pas voler leurs drones que pour le plaisir, mais aussi pour la compétition. Le but est alors de parcourir un circuit le plus rapidement possible. Bien souvent, il faut réaliser plusieurs tours, avec tous les risques qui existent : accident avec un autre drone, avec un obstacle ou encore la panne sèche de la batterie (surnommée “LiPo” en référence à la technologie utilisée Lithium-Polymère).

course-de-drone-dubai-WDP

Le circuit est délimité par des points de passage, qu’on appelle porte (gate en anglais), à traverser avec le drone pour les valider. Pour le reste, les circuits les plus simples utilisent des cônes pour guider les pilotes de porte en porte alors que d’autres compétitions voient les choses en grand comme au World Drone Prix avec un circuit digne d’un véritable jeu vidéo.

La longueur d’une course

Pour la longueur, il n’existe pour le moment pas de règles même si la FAI (Fédération aéronautique internationale) impose au moins 250 mètres pour un circuit extérieur. Le circuit du World Drone Prix était doté d’une longueur de 591 mètres qu’il fallait parcourir environ 12 fois d’affilée pour atteindre les 7 kilomètres réglementaires, ce qui donnait des courses d’environ 10 minutes. La Drone Racing League aux États-Unis propose des courses beaucoup plus courtes : un seul tour d’environ 1 minute, mais avec plusieurs courses à la suite avec les mêmes pilotes.

course-de-drone

Lors de la FPV Air Race en mai prochain qui donnera le droit à un ticket pour les Drone Nationals de Hawaii et l’Euro Cup d’Ibiza, on devrait assister à des courses beaucoup plus longues puisqu’il est question d’au moins 24 tours. On imagine alors que la course durera au moins 30 minutes, voire plus pour les pilotes qui voudront décrocher le sésame du plus grand nombre de tour.

2016, l’année du FPV racing

En 2016, trois grandes courses internationales de drones sont prévues au niveau mondial, en plus de toutes les courses au niveau national comme en France, mais aussi au niveau européen avec l’Euro Cup d’Ibiza organisée par l’ERSA. Le FPV racing est un sport encore tout jeune, qui a vu réellement le jour en 2015. Les organisateurs cherchent donc encore le format idéal pour les courses de drone, afin d’attirer aussi bien le public, qu’il soit physique ou virtuel, mais aussi les pilotes de drones.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le guide du débutant de la course de drone et du FPV racing réalisé par nos confrères du site FPV Spirit. Vous y trouverez une FAQ, les étapes pour débuter, l’équipement à choisir, la réglementation, les lieux pour s’entraîner, un lexique mais également les précautions d’usage.

drone-parrot-22

6 réflexions sur “Courses de drone : Tout savoir sur le FPV racing

  1. Super article sur le FPV!

    Le FPV s’avère aussi extrêmement utile pour les photographes et les vidéastes en multirotors. Fini les mauvaises surprises au montage, j’adore! Ce système permet tout un tas de choses comme de cadrer et composer l’image en temps réel sans perdre de temps à essayer de deviner le bon cadrage…

    Pas forcement facile au debut, il faut accumuler des heures de vols ici!

  2. Bonjour j aimerais organiser une course en juillet 2017 Dans la région lyonnaise Dans le cadre exceptionnel du parc d un château. Un conseil ?

  3. Bonjour,
    je souhaiterai organiser une compétition courant 2017 dans l’Ouest de la France. Où puis-je contacter les différents organisateurs ? Merci par avance

  4. Bonjour,
    J’aimerais organiser une compétition courant 2017 sur l’Hippodrome de la Côte d’Azur, si possible en nocturne. Où puis-je contacter les différents organisateurs ? D’avance, merci pour vos retours.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *